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Pourquoi les enfants à Haut Potentiel ont souvent une mauvaise estime d’eux-mêmes?

N’as-tu jamais dit à ton enfant : 

C’est pour toi que tu travailles.
Pas pour tes professeurs ou tes parents.
Pour toi ! 

Pour un adulte, cette phrase a du sens (quoique !)
Mais pour certains enfants, et notamment les enfants à Haut Potentiel à profil Complexe, cette phrase n’évoque rien.


C’est un non-sens. Une absurdité.
 

Tu sais Pourquoi ? 

 

L’estime de soi, c’est QUOI ? 

Définition : 

L’estime de soi, c’est la valeur que l’on se donne à soi-même. 

A ne pas confondre avec la confiance en soi qui est la compétence à aller chercher à l’extérieur les ressources dont on a besoin. La confiance en soi c’est la capacité à affronter le monde extérieur. 

 

Pourquoi les enfants à Haut Potentiel ont souvent une mauvaise estime d’eux ? 

Pour un enfant qui n’a aucune estime de lui-même, qui trouve qu’il ne vaut rien, travailler pour lui ne veut rien dire. Ça n’a aucun sens.
Evidemment, puisqu’il ne vaut rien, qu’il n’a aucune valeur à ses yeux, alors pourquoi il devrait apprendre des choses pour s’améliorer ? 

Es-ce-que tu investirais dans un projet mauvais, qui n’a aucune chance d’aboutir et que tu estimes voué à l’échec ? 

Es-ce-que tu miserais aux courses sur un cheval maigrichon, nul, sur lequel personne ne mise et qui n’a aucune chance de gagner ? 

Ben non. C’est juste une question de bon sens. Et les enfants à Haut Potentiel en ont à revendre. Difficile de leur raconter des histoires et encore plus à un enfant qui a, depuis tout petit, un mode de pensée qui décortique la moindre information. 

 

Pourquoi un enfant en arrive t-il à perdre l’estime de lui-même ? 

Il y a 2 raisons qui peuvent expliquer cette mauvaise estime de soi : 

  1. Un fonctionnement cognitif particulier
  2. Des paroles d’adultes référents pas toujours adaptées 

 

Un fonctionnement cognitif particulier chez l’enfant HP 

 

Depuis la récente étude par IRM fonctionnel du trio de spécialistes Fanny Nusbaum, Olivier Revol et Dominic Sappey-Marinier, on sait maintenant comment fonctionne le cerveau des enfants à Haut Potentiel. (plus d’info sur cette étude ici) 

On distingue 2 profils d’enfants à Haut Potentiel, un profil complexe et un profil laminaire. 

La mauvaise estime de soi concerne les enfants HP à profil complexe. Et c’est d’ailleurs un gros défi pour les parents que de contrer cette particularité fonctionnelle au quotidien. 

Vous savez.
Quand votre enfant vous dit : 

Je suis nul.
De toute façon, je ne suis qu’une grosse merde, vaudrait mieux que je meurs. 

 Désolée pour le gros mot, mais c’est souvent dit comme ça ! 

 

Une étude aux résultats significatifs

 

Il a été constaté, lors de cette étude, que les enfants HP à profil complexe utilisent plus particulièrement leur “cerveau gauche”, l’hémisphère du langage, notamment au repos, quand le cerveau fonctionne par défaut. D’ailleurs, ce sont souvent des enfants qui ont eu un indice de compréhension verbale assez élevé au test de QI. 

Les pensées y tournent alors en boucle, de manière autonome. Ils ont un langage intérieur très riche, qui leur est propre, avec leurs propres règles et principes non influençables par tout ce qui est extérieur à eux-mêmes. 

Chaque information extérieure va être passée au crible de ces valeurs internes et si elle ne correspond pas, alors elle est d’office rejetée. 

C’est pour ça que ces enfants ont beaucoup de mal à se plier à des règles de vie qui peuvent paraître très simples à comprendre et à appliquer. Qu’ils sont souvent en décalage avec ce qu’on leur demande à l’école et qu’ils rencontrent des difficultés d’ordre social. 

Ce principe de valeurs propres à eux-mêmes et auxquelles ils adhérent coûte que coûte, les soumet, très jeune, à un rejet des autres, à être montrer du doigt très souvent et à être exclu du groupe. L’enfant se rend bien compte que l’image qu’il renvoie, que ce qu’il est, n’est pas conforme. Qu’il est mauvais pour les autres, méchant.
D’où cette mauvaise estime de lui-même. 

 

Ça, c’est pour le côté scientifique. Mais on ne se rend pas toujours compte de ce que l’on dit. Et les mots ont bien plus de poids que ce qu’on pourrait penser ! 

 

Quand les mots font plus de mal que de bien 

 

L’enfant à qui on répète depuis tout petit : 

Doit travailler davantage
Est méchant avec ses camarades
Tu es complètement nul ou quoi. 

L’enfant que l’on exclut d’un groupe parce qu’il ne sait pas rester tranquille ou qu’il dérange. 

Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? 

A votre avis ?
Que peux bien se dire un enfant à qui il arrive fréquemment ce type de situations, dans sa petite tête d’enfant ?
D’autant plus que l’enfant prend chaque mot au pied de la lettre. Chaque expression est prise dans son ensemble et non comme la définition d’un état présent et isolé.  

Pour nous, c’est la situation qui est nulle, cet exercice est d’une telle simplicité.  

Pour l’enfant, c’est la personne qu’il est dans toute son entièreté qui est nulle. 

Je ne vaux rien, j’embête les autres, je ne sers à rien, je suis de trop. 

Cet enfant ne miserait pour rien au monde sur lui.
S’il accepte d’apprendre ce n’est surement pas pour lui, mais pour faire plaisir à la personne qui lui enseigne les choses. Parce qu’il a de l’estime pour cette personne et non parce qu’il a de l’estime pour lui-même. Il apprendra pour sentir de la reconnaissance dans le regard d’un autre. 

Alors, comment sait-on que l’on a de la valeur et comment estime-t-on cette valeur de nous-même ? 

 

Combien je vaux ? 

En tout premier, c’est à travers le regard de ses parents que le petit enfant se rend compte de sa valeur.

Quand vous regardez votre bébé dans les yeux et que vous lui souriez.
Lorsque vous riez aux éclats parce qu’il fait des grimaces amusantes.
Ou encore quand vous l’encourager et applaudissez quand il a réussi à réunir toutes les pièces d’un puzzle ou qu’il a réussi à pédaler jusqu’au bout de la rue sans les roulettes.
 

Les premières personnes auxquelles l’enfant va avoir recours pour se donner de la valeur, ce sont d’abord ses parents ou les personnes proche de lui au quotidien. 

Et puis, en grandissant, son cercle va s’agrandir, il va la trouver dans le regard d’autres adultes.

 

  

Un peu plus tard encore, l’enfant va pouvoir estimer sa valeur à travers différentes expériences de vie. En surpassant ses peurs, en accomplissant une épreuve difficile ou encore en réalisant quelque chose d’unique et de rare. 

 

L’estime de soi en cadeau 

La valeur que l’on donne aux gens est un cadeau inestimable. 

Un enfant, jusqu’à un certain âge, ne peut se réaliser qu’à travers le regard des adultes. Tant que l’enfant ne se sera pas donné une valeur suffisante à ses yeux alors il est incapable de travailler uniquement pour lui-même et n’aura de cesse de rechercher de l’affectif dans sa relation avec son enseignant par exemple ou un adulte référent. 

L’affranchissement de cette relation affective avec son enseignant passera obligatoirement par une meilleure estime de l’élève. 

Et quand on connait l’extrême exigence qu’ont les personnes à Haut Potentiel vis-à-vis d’eux-mêmes, vous imaginez bien comme la valeur qu’ils doivent obtenir est importante et donc sa recherche est difficile voire même interminable pour notre petit perfectionniste. 

Et puis, pour certain enfant, le chemin vers l’estime de soi peut être plus long. Ce n’est pas qu’ils sont immatures comme on l’entend souvent. C’est peut-être tout simplement qu’ils n’ont pas reçu suffisamment de valeur étant petit, à cause d’un environnement pas adapté à leur profil cognitif, ou encore d’une mauvaise prise en compte de leurs émotions. 

Mais, bonne nouvelle. Tout ça peut se rattraper. Le cerveau humain est plastique. Il est capable de se reprogrammer à l’infini. Cela demande un peu de temps et de patience mais ça vaut le coup et c’est possible.

 

3 astuces pour améliorer l’estime de soi de son enfant HP 

 

1. Dire des choses positives.
 

On a tendance à reprendre souvent les enfants, à relever leur moindre imperfection, leurs mauvaises attitudes. En tant qu’adulte, ces mots négatifs sont en rapport avec l’action qui vient d’arriver mais l’enfant prend cette réflexion négative pour ce qu’il est en globalité. 

Attention, ne court pas, tu vas encore tomber ! 

Pourquoi tu ne fais jamais ce qu’on te dit ?  

Non, mais laisse-moi faire, tu vas encore tout casser ! 

Je vous assure que l’on dit des choses comme ça à nos enfants.
J’admets, c’est pas facile tous les jours. On est souvent pressé, ou on manque de patience aussi parfois. 

Ecoutez vous parler et arrêtez de stresser.
Si il tombe, il se relèvera.
Et si il s’est fait mal, surtout ne lui dites pas : “je te l’avais bien dit”.
Faites-lui un gros câlin et soignez son bobo.
Et proposez-lui de lui tenir la main la prochaine fois.  

 

2. Croyez en lui. 

 

Connaissez-vous l’effet pygmalion ou l’effet Rosenthal ? 

L’effet pygmalion, mis en évidence par le psychologue R. Rosenthal, consiste dans sa forme originale, à faire croire à des enseignants, que 20% des élèves de leur classe sont supérieurement intelligents. 

Deux chercheurs, Rosenthal et Jacobson, ont ainsi fait passer des tests de QI à des enfants d’une école d’un milieu défavorisé de San Francisco en expliquant à leurs enseignants que souvent les enfants Surdoués avaient une “éclosion” tardive. Les résultats ont donc été remis aux enseignants, mais l’astuce consistait à surévaluer les tests pour 20% des élèves.  

Le résultat observé par ces chercheurs est étonnant. Un an après, de nouveaux tests de QI ont été réalisés et ces élèves surévalués ont amélioré leurs performances de 5 à 25 points. 

L’élément crucial qui est entré en jeu et simplement le fait que les enseignants ont été convaincus que ces enfants, pourtant défavorisés, avaient en eux une intelligence innée. Ils ont alors, inconsciemment, crus en eux et les ont poussés à se dépasser. 

Donc, si vous avez une opinion positive de votre enfant, si vous lui faites confiance et croyez qu’il deviendra une bonne personne, vous lui permettrez possiblement de se développer à cette image. 

 

3. Réussir des défis 

 

N’avez-vous jamais ressenti de la fierté en réussissant quelque chose de difficile, un truc qui vous faisait envie et que vous n’osiez pas réaliser ? 

Pour nos enfants c’est pareil. 

La première fois où ils ont réussi à manger tout seul.
Quand ils sont montés tout en haut du grand toboggan.
Quand ils sont partis en voyage scolaire loin de leur maison pendant 2 dodos.
Ou quand ils ont conduit le tracteur tondeuse comme un grand. 

La vie est remplie de petits défis. 

Faites leur confiance et aidez-les à les réaliser en vous faisant discret. 
 

Assurez-vous que les défis sont toujours à leur portée pour ne pas les décourager au début. 

Et puis si ça ne marche pas du premier coup, soyez positif pour deux et ne vous formalisez pas si votre enfant envoie tout promener. La frustration et la colère passée, vous serez là pour recommencer avec lui. 

Soyez son plus grand fan ! 

 

C’est à vous maintenant !

A votre avis ? 

Votre enfant a-t-il une bonne estime de lui ? 

Faites le test :
Demandez à votre enfant ce soir, quand il va rentrer de l’école : 

Si tu devais te donner une note entre 1 et 10,
combien te donnerais tu comme valeur ?

Je suis curieuse de connaître la réponse ! 

Qui est Odile Laude?

Auteur du Blog : Des Ailes pour les enfants Zèbres.

Son crédo
: combattre les idées reçues concernant les enfants à Haut Potentiel, apporter des solutions concrétes aux parents pour qu’ils se sentent moins seuls et les aider à faire les bons choix pour leurs enfants.

“Les enfants à Haut Potentiel ont pour moi la qualité première, d’obliger leurs parents à devenir la meilleure version d’eux mêmes.”

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