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Avant de partir dans des explications un peu “techniques”, petit rappel : 

Le Haut Potentiel n’est ni une maladie, ni un handicap.  

Il ne nécessite pas de soins psychiatriques ni de traitements médicamenteux. 

Je pense même sincèrement que si l’on vivait dans une société plus ouverte d’esprit, novatrice et moins traditionaliste, les personnes à Haut Potentiel n’auraient pas plus de problèmes que les autres, voir même, passeraient inaperçues. 

Mais bon ! Passons cette petite réflexion philosophique et plongeons dans le concret 

 

Un test de QI, c’est QUOI ?

Un test de QI n’est qu’une photographie du fonctionnement cognitif d’une personne à un instant T.
Ce n’est pas un test qui va mesurer l’intelligence. 

 Certes, les différentes séquences d’exercices vont donner un score global appelé Quotient Intellectuel, mais ce n’est pas ce score qui va être intéressant à connaître.

C’est l’interprétation que va en faire le spécialiste qui va tester votre enfant.
La comparaison des 4 indices :

  • l’indice de compréhension verbale
  • l’indice de raisonnement perceptif
  • l’indice de mémoire de travail
  • et l’indice de vitesse de traitement,

ainsi que l’analyse des différences entre les épreuves apportent de riches informations sur les enfants à Haut Potentiel. 

On verra un peu plus loin dans l’article comment se passe le test et que signifient ces 4 indices. Mais avant tout intéressons-nous à ce qui peut vous amener à sauter le pas.  

 

Quand faire passer un test de QI à son enfant ?

S’il y a bien une chose dont je suis sûre, c’est que l’on ne se réveille pas un matin en se disant : “Tiens, aujourd’hui j’emmène mon enfant chez le psy. On va tester son intelligence !” 

La plupart du temps, la notion de Haut Potentiel Intellectuel est complètement méconnue dans les familles. Et c’est très souvent le dernier truc auquel on pense pour expliquer les problèmes de comportement de son enfant, ses réactions inappropriés au quotidien, son côté “trop” partout et tout le temps.

Il faut dire que cette particularité cognitive est reconnue en France depuis les années 2000, grâce aux travaux de Jean Charles Terrassier, même si l’étude de la douance remonte au début du XX ème siècle (voir l’article ici)

Parmi les nombreuses raisons (chaque cas étant à lui seul unique et particulier) qui poussent les parents à consulter un spécialiste du Haut Potentiel pour leur enfant, 2 situations reviennent le plus souvent. 


Un mal être difficile à expliquer
 

Témoignage d’une maman 

Je m’inquiète beaucoup pour mon petit loulou de 5 ans, les crises à la maison s’enchaînent, il ne tolère aucune frustration, aucune opposition.

Avec ses copains, ça commence à coincer. Les autres le charrient, il se vexe, crie, hurle. Il fait des blagues aux autres mais ne supporte pas quand c’est son tour, du coup ses copains ne veulent plus jouer avec lui.
Le seul enfant avec qui il s’entend bien est le petit voisin qui a 3 ans de plus que lui.

En plus il est extrêmement fatiguable. Sa psychomotricienne me dit qu’il pense trop. Que ça doit l’épuiser. C’est vrai que dans le genre une question à la seconde, c’est assez énorme.
Et depuis quelque temps, il est super anxieux. Il a peur de tout, des insectes, quand on est en voiture et que l’on doit doubler…il a une conscience du danger pour son âge !

Je pense aussi qu’il a beaucoup de mal à s’endormir le soir, je l’entends souvent bouger bien 1 heure après qu’il soit couché. Il ne dit rien, mais je me demande s’il dort si bien que ça.
J’ai une espèce de paradoxe entre son côté hyper respectueux, hyper prudent et d’un autre ses crises, sa manière de vouloir que tout se passe comme il veut, ne supportant pas les refus. 


Des problèmes à l’école
 

Petit résumé de ce que pourrait dire un enseignant sur un enfant présumé Haut Potentiel et de son comportement en classe 

H est un enfant avec un très fort caractère, il est très souvent en colère parce que les choses ne se passent pas comme il le voudrait. 

Il a toujours quelque chose à dire et utilise d’ailleurs un vocabulaire très riche.
Par contre, il a de grosses difficultés pour rester concentré et attentif sauf pour les activités qu’il aime. Autrement il a du mal à rester assis, il faut tout le temps qu’il tripote quelque chose ce qui dérange beaucoup ses camarades.
C’est dommage car il a des capacités et beaucoup de choses à partager avec les autres enfants. 

En récréation, il a souvent un comportement agressif, tant verbalement que physiquement. Il tape dès que quelqu’un l’embête. 

 

A quel âge passer le test de QI ?

Le test de QI peut se passer à tout âge.

Il existe différentes échelles pour réaliser cette évaluation psychométrique, mais les plus utilisées sont celles établies par le psychologue américain David Wechsler.
Elles sont adaptées à l’âge de l’enfant : 

  • De 2 ans et demi à 7 ans et 7 mois : la WPPI-IV
     
  • De 6 ans à 16 ans et 11 mois : le WISC-IV
     
  • À partir de 16 ans : la WAIS-IV
     

On peut aussi vous proposer le K-ABC II, pour les enfants de 3 à 12 ans et 11 mois. Inspiré des travaux en neuropsychologie d’Alexandre Luria, ce test évalue la façon dont l’enfant traite les informations, en distinguant le processus de traitement simultané et séquentiel.

Après, comme j’aime à le répéter, chaque cas est unique et aucune règle n’existe en la matière.

Quand c’est possible, l’idéal est d’attendre les 6 ans de l’enfant pour le faire tester, afin d’avoir un bilan suffisamment étayé pour donner des pistes adaptées à la problématique rencontrée. Mais parfois, le mal être est tel qu’il n’est pas envisageable d’attendre si longtemps pour avoir un début de réponse.  

Ecouter son ressenti et les besoins de son enfant est de loin la meilleure des solutions.

La seule chose que je pourrai vous conseiller est de ne pas attendre trop longtemps pour faire le test. En effet, certains enfants Haut Potentiel savent très bien cacher leurs capacités pour se fondre dans la norme et ne pas déranger leurs parents. Cette particularité, étouffée pendant l’enfance, explose alors brutalement et avec moult remous à l’adolescence.

Et puis, comment se construire quand on ne sait pas qui on est, que l’on se sent toujours en décalage dans le monde qui nous entoure ? 

 

Comment trouver le bon professionnel pour passer les tests de QI ? 

Le choix du professionnel est très important, car comme on a vu au début de l’article, son interprétation des épreuves du test va être déterminant pour la bonne prise en charge de votre enfant.  

Adressez-vous à un psychologue qui connait bien les enfants Haut Potentiel. 

Pour cela, contacter l’AFEP, une association reconnue en France et qui dispose d’antennes sur tout le territoire. Ils pourront vous donner des adresses de professionnels dans votre secteur.

Sollicitez également les psychologues scolaires. Bien qu’ils soient habilités à faire passer les tests de QI, leur charge de travail ne leur permet pas forcément de vous proposer un bilan complet et détaillé. Par contre, la plupart d’entre eux pourront vous rediriger vers des psychologues expérimentés.

Certaines assistances sociales peuvent être sensibilisées au Haut Potentiel, votre médecin traitant, quelqu’un de votre entourage. 

Bref, n’hésitez pas à activer votre réseau et rapprochez-vous de personnes en qui vous avez une totale confiance. Cela pourra vous être d’une grande aide pour la suite.  

 

Existe-t-il une prise en charge particulière ?
 

En général, les spécialistes compétents sur le sujet exercent la plupart du temps en libéral. 

L’école peut vous diriger vers le CMPP (centre médico psycho pédagogique) ou le CAMPS (centre d’action médico-sociale précoce) qui sont toutes les deux des structures publiques qui prennent en charge les enfants ou les adolescents présentant des troubles du développement psychique, un retard psychomoteur, des troubles sensoriels, neuro moteurs ou intellectuels, des difficultés relationnelles.

L’avantage de ces centres est que la prise en charge est totale, vous n’avez pas d’argent à avancer.

Par contre, le temps d’attente pour un premier rendez-vous est très, très long et les spécialistes pas vraiment formés au Haut Potentiel.
On y rencontre aussi souvent des pédopsychiatres issues de la vieille école de psychologie (je n’ai rien contre Freud mais y a des limites quand même) et s’entendre dire que les problèmes de notre enfant viennent du fait qu’on n’a pas su couper le cordon, j’en passe et des meilleures, ça n’aide pas vraiment à avancer. 

Après, rien ne vous empêche d’essayer, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Mais si jamais le doute vous envahit, fuyez ! 

Il existe peut-être près de chez vous un service en Centre Hospitalier Universitaire (CHU) qui prend en charge les enfants et adolescents à Haut Potentiel comme le CNAHP à Rennes, le centre Psyrene à Lyon par exemple. 

Pour vous donner une idée des tarifs, comptez entre 250 et 500€ pour un bilan cognitif complet (1er RDV, passation du test et remise des résultats). 

 

Comment se passe le test ?

 

Le test se passe en 3 étapes :  

  1. Un premier rendez-vous pour cerner la problématique et prendre contact
     
  2. Un deuxième rendez-vous pour le passage du test (qui peut se passer en 2 fois pour les jeunes enfants)
     
  3. Un dernier rendez-vous pour l’annonce du résultat et la remise du bilan écrit détaillé 

 

L’importance du premier rendez-vous
 

Cette première rencontre avec le professionnel qui va tester votre enfant est, pour moi, la phase la plus importante.  

Ecoutez votre intuition, laissez votre enfant s’exprimer.

Les enfants à Haut Potentiel ont besoin de créer un lien affectif pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Et souvent, il n’y a pas besoin d’attendre longtemps pour voir si ça matche.
En général, ça passe ou ça casse.  

De là va découler la fiabilité du test de QI. Si vous constatez que ça coince entre votre enfant et le professionnel et bien changez. 

Si le test se passe dans de mauvaises conditions, le résultat ne sera pas optimum et en plus, il vous faudra attendre au moins 1 an avant de repasser le test. Alors, un moment de gène est vite passé… 

 

Le passage du test de QI

 

Votre enfant va être soumis à une série d’épreuves standardisées et qui vont permettre d’évaluer différentes aptitudes intellectuelles pendant environ 1h30. 

L’échelle de Wechsler, utilisée par la plupart des spécialistes du Haut Potentiel, comporte 10 épreuves fondamentales qui se regroupent en 4 sous échelles :  

  • L’échelle de compréhension verbale (ICV)
    La richesse du vocabulaire, la capacité à manier les outils du langage, l’organisation verbale de la pensée interviennent largement dans le score de cet indice, ainsi que la mémoire à long terme et la facilité de restitution des connaissances acquises.
     
  • L’échelle de raisonnement perceptif (IRP)
    Cet indice fait appel aux capacités perceptives, à l’organisation et à la représentation dans l’espace, à la capacité d’analyse et de raisonnement abstrait. Il va également évaluer comment l’enfant réagit face à une situation nouvelle pour laquelle aucun apprentissage antérieur ne permet de réussir.

     

  • L’échelle de mémoire de travail (IMT)
    La capacité à conserver pour un temps très court des informations en mémoire. Cet indice met en évidence la capacité d’attention et de concentration de l’enfant et son état d’anxiété et de stress.
     
  • L’échelle de vitesse de traitement (IVT)
    Les épreuves de cet indice sont toutes chronométrées. Il évalue la capacité de l’enfant à traiter rapidement et séquentiellement des informations visuelles, la gestion de la pression du temps et son implication face aux exercices.  

 

L’annonce du résultat
 

Chaque épreuve comporte des items de difficulté croissante. Le nombre d’items réussis par l’enfant permet de calculer son score brut qui donnera une note standard une fois comparée aux tables normatives correspondant à son âge.
Les 4 indices évalués vont donc obtenir chacun une note, la moyenne des 4 indices donnera le QI total. 

En France on parle de Haut Potentiel à partir d’un QI de 130. Mais ce total est, somme toute, bien relatif. En Angleterre par exemple, la barre se situe à 125 alors qu’à Singapour elle est à 140. 

 

L’importance d’analyser le résultat 

Il faut aussi considérer le profil de l’enfant. A savoir qu’un enfant ayant eu des résultats non homogènes dans les 4 indices, va automatiquement faire chuter son QI total. Et pour autant, il n’en est pas moins Haut Potentiel.
Si votre enfant a eu la note de 130 ou plus à l’indice de compréhension verbale et à l’indice de raisonnement perceptif ou à l’un des deux, alors il est Haut Potentiel avec un profil complexe. 

Le QI total est aussi intéressant à analyser. En effet, il existe le même décalage entre un enfant avec un QI de 100 et un Qi de 130, qu’entre un enfant avec un QI de 130 et un QI de 145. 

Et enfin, le Saint Graal se trouvent dans le descriptif des 4 indices évalués. Le professionnel va vous remettre un compte rendu écrit, très détaillé, indice par indice, et qui va mettre en lumière le comportement cognitif de votre enfant avec des pistes et des solutions à mettre en place pour améliorer votre quotidien et sa prise en charge à l’école.
 

Rien n’est gagné. Tout reste à construire ! 

Alors, à votre avis : 

Vaut-il mieux rester ignorant ou savoir ? 

Et puis, je vous rassure, cette étape essentielle, à mon sens, et très lourde d’un point de vue émotionnel, est loin d’être une fin en soi.
Non, non !
Ce n’est que le début de la merveilleuse aventure de votre enfant à Haut Potentiel. 

Faites-lui confiance pour vous réserver encore de bien belles surprises ! 

Si vous pensez que cet article peut aider des personnes que vous connaissez, n’hésitez pas à le partager.  

En attendant, 3 livres m’ont bien aidé pour la rédaction de cet article :
Les Tribulations d’un Petit Zèbre d’Alexandra Reynaud,
l’Enfant Surdoué de Jeanne Siaud Facchin
et 100 Idées pour accompagner les enfants à Haut Potentiel d’Olivier Revol.

Qui est Odile Laude?

Auteur du Blog : Des Ailes pour les enfants Zèbres.

Son crédo
: combattre les idées reçues concernant les enfants à Haut Potentiel (aussi appelés Zèbres), apporter des solutions concrètes aux parents pour qu’ils se sentent moins seuls et les aider à faire les bons choix pour leurs enfants.

“Les enfants à Haut Potentiel ont pour moi la qualité première, d’obliger leurs parents à devenir la meilleure version d’eux mêmes.”

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