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Le Haut Potentiel n’est pas une mode, une vue de l’esprit ou l’excuse de la maman d’un enfant insolent et capricieux.
 

Le Haut Potentiel Intellectuel n’est pas non plus synonyme forcément de « Petit génie », ces enfants méga intelligents qui, à 3 ans, savent déjà lire, compter, et dans plusieurs langues encore. 

C’est sûr que ce serait beaucoup plus simple si c’était vrai. Mais la nature humaine est bien plus complexe que ça.

Le secret des personnes à Haut Potentiel se cache dans leur cerveau et les dernières avancées en Neurosciences et Imagerie médicale nous apportent un éclairage nouveau sur cette particularité cognitive, bien loin des clichés sur les surdoués. 

Une étude, débutée au printemps 2014, met en lumière 5 caractéristiques liées au Haut Potentiel ((HP) déjà observées cliniquement mais cette fois ci, validées d’un point de vue scientifique.  

  

Il était une fois… 

Mais avant tout, j’aimerais vous raconter l’histoire d’un petit garçon. Peut-être le connaissez-vous ?
Il habite dans votre rue, fréquente l’école de vos enfants, c’est le petit garçon de vos amis, le gamin pénible de la garderie ou c’est même peut-être votre enfant.

C’est un gamin, il parle tout le temps. C’est question sur question.
A 3 ans, il s’est pris de passion pour les dinosaures, livres, jouets, documentaires télé, on a tout fait.
Il aime beaucoup discuter avec les gens, même les adultes, il a une sacrée réparti et beaucoup d’humour déjà pour son âge. Il comprend vite les choses, c’est un enfant plein de vie.

A l’école, c’est compliqué. Il était pourtant content d’y aller.
C’est un enfant bagarreur.
Il ne tient pas en place.
Il refuse même de faire les exercices, ne veut pas colorier.
Sa maîtresse me dit qu’il est insolent. Il tape les autres enfants, personne ne veut jouer avec lui. L’autre jour, il a été puni et envoyé dans le bureau du directeur à qui il a tenu tête et refus
é de baisser les yeux. Il oublie tout : de noter ses devoirs, ses cahiers, je ne compte plus le nombre de crayons et de gommes que j’ai dû racheter en cours d’année.

A la maison, il négocie tout. Chaque règle est décortiquée et ce sont des discussions interminables qui se terminent en crise de pleurs et de colère. Ne veut pas s’habiller, ne veut pas aller coucher, ne veut pas manger.
Pourtant c’est un garçon super gentil. Il est toujours prêt à défendre les plus petits. Il ne se sépare jamais de son doudou et réclame sans cesse des câlins. 

Sa maman m’a dit l’autre jour, qu’il était précoce, surdoué, à Haut Potentiel. Mouais ! Encore une qui met son gamin sur un piédestal. C’est juste un enfant mal élevé, capricieux et vicieux. Il lui a manqué quelques fessées à celui-là. Elle a qu’à me le donner, quelques jours à la maison et il serait redressé ! 

En fait, cette ambivalence s’explique très bien grâce à la science.
Voici 5 découvertes majeures pour bien comprendre le Haut Potentiel Intellectuel.
 

 

L’étude 

Pendant 3 ans, Olivier Revol, Chef du service de Neuropsychiatrie au CHU de Lyon, Fanny Nusbaum, docteur en psychologie et fondatrice du Centre PSYRENE à Lyon et Dominic Sappey Marinier chef du département IRM du CERMEP (imagerie du vivant), ont menés une étude sur un échantillon de 80 enfants agés de 8 à 12 ans. Pour bien comprendre les différences, 4 groupes ont été constitués :


  • 1 groupe contrôle (enfants au développement cognitif standard au QI d’environ 105)
  • 1 groupe d’enfants dits « Laminaires » au QI d’environ 140
  • 1 groupe d’enfants dits « Complexes » au QI d’environ 130
  • 1 groupe d’enfants TDA (avec trouble de l’attention)

    Je reviendrai plus tard sur les notions de Laminaires et Complexes. 

En fait, jusqu’à présent, toutes les informations sur le Haut Potentiel, ne résultaient que de constations cliniques, une synthèse des caractéristiques repérées lors de consultations dans les cabinets de psychologues ou de pédopsychiatres. D’où le scepticisme de certaines personnes quant à l’existence réelle d’individus à Haut Potentiel et surtout, les caractéristiques liées à cette particularité.

Alors, à votre avis, existe-t-il réellement une différence entre le fonctionnement d’un cerveau HP et un autre ? 

 

La preuve par la science : les 5 découvertes majeures 

1.   Des connexions meilleures

La première chose à retenir de cette étude c’est que OUI, il existe bien une différence de fonctionnement entre un cerveau HP et un autre comme nous le montre l’IRM de diffusion. Les connexions cérébrales sont meilleures et plus nombreuses dans le cerveau d’un HP, non seulement à l’intérieur d’un même hémisphère mais aussi d’un hémisphère à l’autre. 

Cela explique la rapidité de traitement des HP, leur cerveau dispose d’un meilleur câblage, comme s’ils fonctionnaient constamment en « Haut Débit » sans jamais être en surrégime ni devoir mettre le turbo.
Cette particularité entraine souvent un hyper contrôle qui peuvent donner lieu à des pensées obsédantes cause de divers troubles associés. 

 

2.  Il n’existe pas qu’un seul profil d’enfant HP   

La deuxième chose qui se dégage de cette étude, c’est qu’il existe bien 2 profils d’enfants HP. On les appelle les « Laminaires » et les « Complexes » (profils mis en évidence par Fanny Nusbaum suite à ses propres observations cliniques). 

Ils ont en commun : 

♦ Une hypersensibilité au monde qui les entoure (mise en perspective par l’activité importante dans les cortex insulaire temporal et pariétal) 

♦ Une rapidité de traitement de l’information et le besoin de tout contrôler 

Mais la différence vient du fait que face à une information ou même au repos, des zones différentes du cerveau se mettent ou non en action.
On peut maintenant dresser de manière précise un portrait d’enfant HP et surtout apporter des solutions pour améliorer le quotidien de ces enfants. 

 

3.  Le profil Laminaire

Ce sont des enfants qui ont obtenus des résultats homogènes au test de QI de Wechsler (WISC IV).
En effet, on voit très bien grâce à l’IRM de diffusion, que face à une information, toutes les zones du cerveau s’allument. L’enfant Laminaire utilise l’ensemble de son cerveau, il a une distribution homogène de ses capacités cognitives.  

Il maitrise très bien les apprentissages, dispose d’une grande adaptabilité. Son comportement, toujours adapté à la situation, en fait quelqu’un de très apprécié, bien intégré socialement. 

D’ailleurs, le test de mémorisation montre, grâce à l’IRM fonctionnelle, l’activation de la région du cerveau appelé Cortex Cingulaire postérieur, qui correspond à la maitrise des liens associatifs entre les différentes informations. On voit également une autre région du cerveau qui s’active tout particulièrement, dans la partie frontale, appelé aussi la région de Broca, qui correspond à la mémorisation de la sélection des réponses. 

 

 

4   Le profil Complexe

Ce sont des enfants qui ont obtenus des résultats inégaux au test de QI de Wechsler (WISC IV). Notamment une différence de 15 points entre l’ICV (Indice de Compréhension Verbale) et l’IRP (Indice de Raisonnement Perceptif ou de Performance).
En effet, lors du test de mémorisation, les zones du Cortex Cingulaire et la région de Broca s’active beaucoup moins chez les enfants complexes que chez les enfants Laminaires.  

Une autre particularité des complexes, c’est que les connexions neuronales sont plus importantes dans l’hémisphère gauche (hémisphère du langage) et que ce dernier est même capable de fonctionner en circuit fermé.  

On comprend mieux pourquoi ces profils correspondent à des enfants centrés sur eux-mêmes, indépendants, non influençable par les éléments extérieurs. Capables de se buter sur une idée ou un raisonnement fulgurant et de négocier pendant des heures, jusqu’à épuisement de leur interlocuteur. 

Une autre différence réside dans une grande activité dans la zone pariétale (zone de la perception et de l’analyse sensorielle et de la pensée automatique) face à un stimuli et d’autre part de la diminution de l’activité, quand le cerveau est au repos, dans le cortex préfrontal (région dédiée au raisonnement et à la planification temporelle). 

 

Que donne d’après vous ce cocktail explosif ?  

De l’impulsivité, des tsunami émotionnels face à une « broutille » du quotidien, un manque de contrôle de l’attention.
Ce sont des êtres sans filtres, sans inhibition, ils ne connaissent pas la notion de différence hiérarchique ou sociale et sont capables de parler à un adulte ou au président comme à leur meilleur pote. 

 

5.  Des solutions adaptées 

La cinquième chose qui est juste géniale suite à cette étude, c’est que l’on va pouvoir mettre en place des prises en charge adaptées pour ces enfants. 

 

Pour aider les enfants Laminaires

Parce que l’on a pu voir le mécanisme de la pensée, on sait que les enfants à profil Laminaire ont une grande estime d’eux même mais un grand manque de confiance.
Par exemple, ils ont une bonne image d’eux-mêmes, savent se donner de la valeur mais ont souvent du mal à aller vers les autres. On peut voir ça aussi comme de la timidité ou de la réserve.

Leur esprit cartésien, analytique leur permet une vision des choses sans à priori, une grande objectivité.
Ils ont cette capacité à comprendre les émotions des autres et à s’adapter du coup parfaitement à ce qu’on leur demande, mais en s’oubliant eux-mêmes. Ils en oublient leurs propres émotions, sont sujet à l’anxiété, au besoin de performer en permanence.

Il faudra être vigilant, avec ces enfants, au surmenage, aux addictions notamment à l’adolescence, à l’hypocondrie ou au burn-out à l’âge adulte.  

♦ L’hypnose, pour développer leur imaginaire, les aider à reconnecter avec leurs sensations, à leur moi intérieur. 

La sophrologie caycédienne, pour aider dans les situations de stress ou de forte anxiété 

♦ La Neurofeedback ou la TDCS (Stimulation transcrânienne à courant direct) peuvent aussi être des pistes. 

Pour aider les enfants Complexes

Du côté des enfants à profil Complexe, leur fonctionnement cérébral les entraine vers des problèmes de comportement. Chez eux, c’est la région du cerveau qui gère les émotions qui s’allume en premier d’où des réactions inadaptées à la situation, un manque de contrôle de l’attention, parfois aussi des troubles psychomoteurs et d’apprentissages.

Ce sont des enfants très créatifs avec une grande richesse intérieure, toujours prêts à voler au secours du plus faible.
Malgré une grande confiance en soi (par exemple, ils n’ont aucun mal à parler à des personnes qu’ils ne connaissent pas), ils ont une très mauvaise estime d’eux -mêmes (ne se donnent aucun valeur et se trouvent nuls). Il faudra veiller à sans cesse les encourager, les aider dans la planification des tâches, répondre à leurs incessantes questions existentielles et leur donner un cadre bienveillant et sécurisant. 

♦ La remédiation cognitive pour les aider à gérer leur trouble attentionnel et de concentration, ou pour tout ce qui touche à la planification de tâches complexes. 

♦ La sophrologie caycédienne pour les aider à gérer leur trop plein d’émotions grâce aux mouvements du corps ou à la relaxation. 

♦ La cohérence cardiaque qui est une technique qui, une fois apprise, permet de réguler ses pulsations cardiaques afin d’adapter ses réactions physiologiques à son environnement. Cette technique est très efficace sur la gestion du stress et des émotions. 

♦ La Neurofeedback ou la TDCS (Stimulation transcrânienne à courant direct) peuvent aussi être des pistes.

J’espère que cette étude vous a permis d’y voir plus clair sur ce sujet du Haut Potentiel.
Avez-vous reconnu quelqu’un dans la description des profils de personnes HP ?
Votre enfant ?
Ou peut-être vous. 

En tout cas, sentez-vous libre de partager cet article si vous pensez qu’il peut être utile à quelqu’un que vous connaissez bien. Et n’oubliez pas  

“ Qui regarde dehors rêve. Qui regarde à l’intérieur se réveille. “  Carl Gustav Jung 

 

Qui est Odile Laude?

Auteur du Blog : Des Ailes pour les enfants Zèbres.

Son crédo
: combattre les idées reçues concernant les enfants à Haut Potentiel (aussi appelés Zèbres), apporter des solutions concrètes aux parents pour qu’ils se sentent moins seuls et les aider à faire les bons choix pour leurs enfants.

“Les enfants à Haut Potentiel ont pour moi la qualité première, d’obliger leurs parents à devenir la meilleure version d’eux mêmes.”

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